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I and Thou – Anne Clergue Gallery (english)

In its new exhibition, Anne Clergue Galerie is happy to present the photographic series
of 16 images from I and Thou by the South Korean artist Mi-Yeon. It was a reading of
the book by the philosopher Martin Buber that gave birth to this artistic work. Mi-Yeon
questions the relation between the outside world and herself, through a poetic vision
informed by a powerful aesthetic sensibility.

A native of Seoul, Mi-Yeon studied photography at the Icart Photo school in Paris.
From earliest childhood, she wondered about the place occupied by her own “I” in
relation to the world and to others. She was naturally drawn to the work I and Thou
by the philosopher Martin Buber, who argues that all our relations lead us into a
bonding with God, the eternal “Thou”. Buber considers human beings to be defined
by two pairs of words, “I-It” and “I-Thou”. The first expresses our relation with the other,
the fact of revealing, in the form of experience and feeling, how we interact.
This is the world as we experience it, with bonds that we can identify and distinguish.
As to the “I-Thou”, it expresses a far more spiritual relation between “me and thee”.
This view allows an abandonment of the area of feeling, so as to place, at the heart
of our reflections, the interaction with another “I”, which could equally well between
a person and a tree or between two individuals. It implies a forgetting of oneself,
a shift of one’s individual center, in order to focus it on the interaction.

In this reading, the photographer poses a true philosophical conundrum.
She uses this decentring of oneself, bringing to light what lies between ourselves
and another individual. Mi-Yeon reveals what is usually invisible during our exchanges,
whether spiritual or real, with an entity other than our self. It is a profound reflection on
the functioning of the human soul in connection with the universe of another dimension,
where notions of time and space are blurred. Her photographs are never identifiable portraits.
Although the human being often stands at the heart of her images, the play of fuzziness,
the blurred, vaguely anthropomorphic contours, never depict a face or a character trait.

One only recognizes the human, like an entity incarnating the “I”, as if the human were
the only distinguishable “I”. The use of the personal pronoun thus becomes paradoxical,
at once specific to a person and incarnating a set of individuals.

These photographs provide an approach to oriental thought, particularly Taoism, where
“the other is a variation of myself”. The characters that one perceives project this thought
by the orientation of their gaze towards the horizon. This vision, borne to the far distance,
guides the viewer to the observation of something unidentifiable. Mi-Yeon releases us
from ourselves through this very graphic work. The artist performs a sort of process whereby
a print on “washi” paper is re-photographed with a digital camera. Some prints are silk-screened.
She obtains a highly graphic rendering, with pastel and luminous colors, marked by strong contrasts.
The grain of the suggests a vague texture as if the relation with the world has materialized.

This perceptible approach to an element that we cannot identify with the naked eye elicits a
sensitive and poetic perspective on the part of Mi-Yeon. The viewer is completely lost in the
midst of this artistic work, inundated by feelings. Her Taoist philosophy reveals a quest for
wisdom aimed to achieve harmony. This places the heart and the mind on the path (the Tao),
in other words, on the path of nature. Mi-Yeon causes the innermost nature of the human
being to surge through a vision initially focused on herself. Her highly altruistic orientation
is inspired by her contemplation of the exchanges with the world that surrounds her.

This sensitive outlook, once unveiled, forces contemplation. The photographic series
“I and Thou” demands a forgetting of oneself. The mind roams her work, reflecting on
the relations that we maintain with others, with nature, and with the world. Mi-Yeon
succeeds in transmitting her philosophy, her images take possession of her thought,
thereby becoming the incarnation of herself, of her “I”.
– Anne Clergue Gallery

I and Thou – Anne Clergue Gallery (french)

Anne Clergue Galerie, lors de sa nouvelle exposition, est heureuse de vous présenter un
ensemble de seize photographies de la série photographique, I and Thou, de l’artiste coréenne
Mi-Yeon. C’est à la suite d’une lecture du livre du philosophe Martin Buber que ce travail
artistique est né. Mi-Yeon interroge la relation entre le monde extérieur et elle-même à
travers une vision poétique mêlée d’une grande sensibilité esthétique.

Née à Séoul en Corée du sud, Mi-Yeon étudie la photographie à l’école parisienne,
Icart Photo. Depuis toute petite, elle se questionne sur la place que tient son propre
“Je” face au monde et à l’altérité. Naturellement, elle s’intéresse au livre I and Thou
du philosophe Martin Buber, mettant en avant le fait que toutes nos relations nous
amènent à être en lien avec Dieu, qui serait le “Tu” éternel. Selon lui, il y aurait deux
paires de mots définissant les humains, le “I-It” et le “I-Thou”. La première définition
exprimerait notre relation avec l’autre. Ce serait le fait de montrer, sous forme d’expérience
et de sensation, comment nous inter-agissons ensemble. C’est le monde tel que nous le
vivons avec des liens que nous pouvons identifier et distinguer. Le “I-Thou” quant à lui,
exprime une relation beaucoup plus spirituelle entre le “moi et toi”. Cette vision permettrait
un certain abandon du domaine de la sensation, pour placer au coeur de notre réflexion,
l’interaction avec un autre “Je”, qui peut autant être une relation entre un être et un arbre
ou deux individus entre eux. C’est donc un oubli de soi, le déplacement de son centre
individuel afin de le focaliser sur l’interaction.

De cette lecture, la photographe, nous transmet un vrai questionnement philosophique.
Elle utilise ce décentrement de soi, faisant apparaître ce qui se situe entre nous et un
autre individu. Mi- Yeon montre ce qui est habituellement invisible lors de nos échanges,
qu’ils soient spirituels ou réels avec une entité autre que soi. C’est une réflexion profonde
sur le fonctionnement de l’âme de l’être humain en lien avec l’univers d’une autre dimension
ou la notion de temps et d’espace semble disparaître. Elle ne fait pas de photographies avec
des portraits identifiables. Bien que l’être humain apparaisse très souvent au coeur de ses images,
le jeu sur les flous, la vision trouble des contours de formes anthropomorphes, ne permet en
aucun cas de distinguer un trait de visage ou de caractère.

C’est seulement l’humain que l’on reconnaît, comme une entité incarnant le “Je”, comme si
l’être humain était le seul “Je” que nous pouvions reconnaître. Parler de ce pronom personnel
devient donc paradoxal car il est à la fois propre à chacun mais il incarne aussi un ensemble
d’individus.

Ces photographies s’approchent d’une pensée orientale, notamment le taoïsme, où “autrui est
un variable de mon moi”. Les personnages que l’on perçoit mettent en avant cette pensée par
l’orientation de leur regard sur l’horizon. Cette vision portée sur le lointain, guide le spectateur
sur l’observation de quelque chose de non identifiable. Mi-Yeon nous libère de nous-même à
travers ce travail très graphique. L’artiste exerce un jeu de traitement en utilisant une  impression
sur papier « washi », qu’elle re-photographie ensuite à l’aide d’un appareil digital. Certaines sont
sérigraphiées. Elle obtient un rendu très graphique, aux couleurs pastel et lumineuses où de forts
contrastes se dégagent. Le grain des images nous amène à percevoir une certaine texture,
comme si la relation que nous entretenions avec le monde était matérialisée.

Cette approche perceptible d’un élément que nous ne pouvons pas identifier à l’oeil nu fait
l’objet d’un regard sensible et poétique de la part de Mi-Yeon. Le spectateur s’oublie pleinement
au milieu de ce travail artistique donnant naissance à des émotions qui nous submerge.
Sa pensée philosophique taoïste, montre une recherche de sagesse visant à atteindre l’harmonie.
Celle-ci place le coeur et l’esprit dans la voie (le Tao), c’est-à-dire dans la même voie que la nature.
Mi-Yeon fait émerger la nature intérieure de chaque être humain à l’aide d’une vision, qui au départ,
est portée sur elle-même. Son orientation très altruiste s’inspire de sa contemplation sur les
échanges avec le monde qui l’entoure.

Ce regard sensible dévoilé ne peut qu’être contemplé. La série photographique “I and Thou”
impose alors un oubli de soi. L’esprit s’évade au travers de son oeuvre ce qui aboutit à une
réflexion sur les relations que nous entretenons avec les autres, avec la nature et avec le monde.
Mi-Yeon parvient à transmettre sa philosophie, comme si ses images prenaient possession de sa
pensée, devenant alors l’incarnation d’elle-même, de son “Je”.
– Anne Clergue Galerie

 

I and Thou – Nathalie Gallon

Mi-Yeon’s photographic series, « I and Thou » follows her reading of Martin Buber’s book.
Mi-Yeon’s photography explores the relationship, the relationship between oneself and the world.
There is no identifiable portrait or individual identity function in this work.
We are miles away from the selfie. Rather than egocentric, Mi-Yeon’s work is ego-dicentric.
Echoing Taoist and Buddhist teachings, the photographer states that « The other is a variant of
myself. In this series, I try to convey our soul’s connection with the universe which exists in another
dimension, one without space or any notion of time. »
– Nathalie Gallon (curator)

 

“Photographs that disengage us from ourselves” – Akiko Otake

One thing I notice when I look at the photographs in Alone Together is that there are
people in all of them, but not a single one of the photographs is shot at the distance
you would expect when ordinarily engaging with other human beings.

I have been taken with this fact for quite a while now.
Most of the human figures in the photographs are faraway and therefore small.
Spaces with no human beings in them, instead filled with water, sky, rocks, account
for most of the scenes. At first glance, you don’t see anyone in the shot, but at a
second closer look, you spot a lonely human figure in the corner.

Some of the people were photographed at close range, but they are deliberately out
of focus and their image is blurred. Sometimes, they are vaguely vibrating because
they are in motion – diving into the water or sitting in a moving car.

The feeling I get from this is that Mi-Yeon is not at all concerned with emphasizing
the presence of people in her photographs. On the contrary, she attempts to make
them diaphanous, to suspend them in the air, something that is represented
symbolically in her multiple-exposure photographs of human figures standing in a
street. The individual figures of the people overlap each other and their outlines
dissolve, merging into the landscape to form another kind of presence.

In many of the photographs we see the sea or sky or rocks featured big, but do not
get the sense that the people are being swallowed up by them. This is perhaps
because, even at a distance, the photographer’s gaze is fixed on the human figures.
Someone sitting on the jagged rocks holding a sun umbrella. Some men standing in
the water about to catch a beach ball that is up high in the sky above them. Two
people travelling through the water in a boat that leaves a trail of white foam in its wake.
As Mi-Yeon stares intently at the human figures, the people in the photographs
stare at something faraway and imperceptible to us. The same is true of the
photographs of the black silhouette of a line of people.

Mi-Yeon wrote the following in the preface:
    “When in a large crowd of people, “I” vanishes.
     Within the “countless I’s,” the “big I.”
I sense that she does not feel afraid about her “I” vanishing, that she even welcomes
that experience, but when I read her words, a thought crossed my mind. That maybe
it was through photography that she came to have this feeling.

When we stare at something, we go right inside the thing we are staring at.
We become one with the object, for the most part without even realizing it, and have the
experience of ourselves disappearing. The smaller the object on which our eyes are
trained, the more concentrated the object becomes, like looking at something through
the eye of a needle, and the extinction of “I” is achieved.

The act of taking photographs is nothing other than looking at the photographed
object over and over again. Through this repetitive act, the feeling that we are
liberated from the self, a self that is bound to “I,” and step out into the world is
experienced visually in the form of joy.

The fundamental qualities of a photograph are presented by Mi-Yeon as a single idea
in Alone
 Together.
– Akiko Otake (Writer)

 

“私”から離れていく写真  大竹昭子(作家)

『Alone Together』を見て気づくのは、すべての写真に人が写っているということ、けれどもその人物像にふだん私たちが人と接するときの距離で撮られたものはひとつもないということである。そのことの不思議がさっきから私の心をとらえている。
多くの人影が遠くにいて小さい。水辺や空や岩場など、人のいない空間が画面の大半を覆っており、はじめはだれもいないように思うが、よく見るとその一角にぽつんと人の姿がある。
近距離で写されたものもあるが、それらはフォーカスが外され、像はボケている。
水中に飛び込む人や、走行中の車に乗っている人など、動いているために像が揺れてぼんやりしている場合もある。
ここから感じ取れるのは、ミーヨンに人間の存在感を際立たせようという関心はまったくないということだ。むしろ胞子のように軽くし、宙に浮かばせようとしている。そのことは街路に立つ人影を多重露光している写真に象徴的に現れている。複数の人の姿が重なり、輪郭が溶けて、等価な存在として風景のなかに混じり込んでいる。
海や空や岩場が大きく写っている写真が多く見られるが、かといって人々がそれに飲込まれているような感じは受けない。それは、距離を置きながらも、それらの人物に目が凝らされているからだろう。尖った岩の上で日傘をさしている人。空高く上がったビーチボールを海の中に立って受けようとする男性たち。白い航跡を引いて旋回する
ボートに乗る二人組……。
ミーヨンはそれらの人影をじっと凝視し、写されている彼らもまた私たちにはうかがい知れない遠い何かを見つめている。たくさんの人たちが黒いシルエットになって並んでいる写真でもおなじで、彼らの視線はひとつのものに注がれている。
序文のなかでミーヨンはこのように書いている。
「大勢の人のなかにいると、 私 は 消えてしまう。
“無数の私” 、“大きい私” のなかに。」
“私” が消えてしまうことに恐がなく、むしろその状態を迎え入れようとしているように感じるが、この言葉に接したとき、ひとつの思いが心のなかをよぎった。もしかしたらこの感覚は彼女が写真を通じて知ったものなのではないかとー。
何かをじっと見つめるとき、人はその見つめるもののなかに入っていく。ほとんど気づかぬうちに対象物とひとつになり、自分が消えていく感覚を味わっている。視線がむけられる対象は小さければ小さいほど、針の穴を通り抜けるように見る集中度は高まり、“私”の消滅は達成されるのだ。
写真を撮るという行為は、撮られた対象を繰り返し見ることにほかならならない。その反復により、 “私”に拘泥する自分から解放され、世界のほうに歩みだしていく感覚を、歓びとして体に刻み込んでいく。写真が本源的にもっているこの特質を、ミーヨンは『Alone Together』においてひとつの思想として提示している。

 

ʻ우리 자신으로부터 우리를 분리시키는 사진ʻ

『Alone Together』를 보고 알게 되는 것은, 모든 사진에 사람이 비치고 있다는 것, 그러나 그 인물들은 평소 우리들이 사람과 접할 때의 거리로 찍혀진 것은 하나도 없다라는 것이다. 그것의 불가사의가 조금 전부터 내 마음을 사로잡고 있다.
많은 사람의 모습이 멀리에 있어서 아주 작다. 물가나 하늘이나 바위 등, 사람이 없는 공간이 화면의 대부분을 차지하고 있어 처음에는 아무도 없는 것지만, 잘 보면 그 일각에 우두커니 사람의 모습이 있다.
가까운 거리에서 찍혀진 것도 있지만, 그것들은 초점이 이탈되어 상이 흐릿하다. 수중에 뛰어드는 사람이나 주행 중의 차에 타고 있는 사람 등, 움직이고 있기 때문에 상이 흔들려서 흐릿한 경우도 있다.
여기에서 느낄 수 있는 것은, 미연에게는 인간의 존재감을 두드러지게 하려고 하는 관심은 전혀 없다는 것이다. 오히려 투명한 포자와 같이 가볍게 해, 공중에 뜨게 하려고 하고 있다. 그것은 거리에 서 있는 사람의 모습을 다중노광한 사진에서 상징적으로 나타나 있다. 사람들의 모습이 겹치고, 윤곽이 녹아서, 등가인 존재로서 풍경 안에 뒤섞여있다.
바다나 하늘이나 암석군이 크게 차지하고 있는 사진이 많이 보이지만, 그렇다고 해서 사람들이 그것에 삼켜지고 있는 느낌은 받지 않는다. 그것은, 거리를 두면서도 그 인물들에게 눈을 집중시키고 있기 때문일 것이다. 뾰족한 바위 위에서 양산을 쓰고 있는 사람, 하늘 높이 올라간 비치볼을 바다에 서서 받으려고 하는 남자들, 흰 뱃길의 흔적을 그리며 선회하는 보트를 탄 2인조….
미연은 그러한 사람들의 모습을 지그시 응시하고, 사진에 찍혀진 그들도 또한 우리들은 알 수 없는 먼 무엇인가를 지그시 응시하고 있다. 많은 사람들이 검은 실루엣이 되어 줄 지어 있는 사진에서도, 그들의 시선은 한곳에 쏠려 있다.
서문에서 미연은 이렇게 쓰고 있다.

군중 속에 있으면, 나는 사라져 버린다.
‘수많은 나’, ‘큰 나’의 안으로.

‘나’가 사라져 버리는 것은 두려움 아니라 오히려 그 상태를 영입하려고 하는 것을 느끼지만, 이 말에 접했을 때, 한 생각이 내 마음속에 떠올랐다. 어쩌면 이 감각은 그녀가 사진을 통해서 안 것이 아닐까라는….
뭔가를 지그시 응시할 때, 사람은 바라보는 그것 속으로 들어가게 된다. 거의 감지 못하는 사이에 대상물과 하나가 되어 자신이 사라져가는 감각을 맛보게 된다. 시선이 향해진 대상이 작으면 작을수록 바늘구멍을 빠져 나가는 것처럼 보는 집중도는 높아지고, ‘나’의 소멸은 달성되는 것이다.
‘사진을 찍다’라는 행위는 찍혀진 대상을 반복해서 보는 것 이외에 아무것도 아니다. 그 반복에 의해, ‘나’에 구애하는 자신에게서 해방되어, 세계에 향해 걷기 시작하는 감각을 기쁨으로서 몸에 새기게 된다.
사진이 본원적으로 가지고 있는 이 특성을 미연은 『Alone Together』에서 하나의 사상으로써 제시하고 있다.  – 오타케 아키코 (작가, 사진평론가)

 

 

ミーヨンが、つむぎだす  ー  石井 仁志(メディア評論・メディアプロデューサー)

知人を介して、出会いは唐突にやってくる。2015年5月12日のことだ。自己紹介のあと、彼女は2冊の写真集を取り出して、わたくしの前にすっとおいた。…小説の中の大人の女性のように、眼前に現れた、ほぼ得体のしれぬ男に、どんな反応を示すだろうかという興味をたたえた目線を送る。と、ト書きでも入れたくなるような、自然な流れと鮮やかな登場だった。そのうちの1冊、『Alone Together』の布張りの表紙の手触りと、その薄絹でぼんやりと浮かび上がったように相好を崩す娘の大きな顔、やんわりと見つめられる被写体からの笑顔は、観る、わたくしに鼓動を意識させた。この時、湧き上がったのが肌合いという言葉だった。まれなことに、ページを繰りながら写真展のイメージが観えていた。

この写真集の存在は知っていたが、この時が初見だ。引き込まれる。ミーヨンの視座が選び取ってゆく独特の距離感は、まるで細い糸のつらなりが束になったり、さらにほぐれたり、布のように織りあがったりしながら、関係性という物語の濃淡をつむぎだしていくかのよう。わたくしには脳幹の記憶、生命維持のかたわらに太古からの感覚を敷き詰めたタペストリーを見せられたような妙な感覚が宿った。決して不快ではない。むしろこのつづらおりの肌触りは、モノトーンの写真の表面の調子として、極上の肌合いを保ち続けてくれる。同調していく心地よさを感じる写真が連なってゆく。

明瞭な映像世界を、具象から抽象へ引っ張り込む、半具象の曖昧をあえて加味する視座。そういえば、彼女の表現が、思考回路が説けてくるだろうか。そこに、幅の広い言語表現、彼女の多彩な表現能力の具現化を、可視化することによってのみ解放へと導く手段として写真がある。客観視された自己は,「私」という主語を無限にときはなった。事象の中に溶け込んで観念となる手前で、観えてくる物語や詩の世界をミーヨンは写真化したのだろう。そこに表現された画像には、意識すると無意識の距離感や、存在と無の途方もない恐怖のような人間がしばられる、あらゆる原初的な懐疑にたいして、象徴としての像が、彼女によってつむぎだされていった。

イメージとしての相違は別としても、2冊目の『よもぎ草子』、そして『I AND THOU』という手製本の3冊目も、その本質的な思考の積み重ねの所で彼女の気質が生み出す作品の特徴を、きわめてよく受け継いでいる。わたくしにとって『Alone Together』以来、3冊の写真集は、心地よい肌合いを常にもたらしてくれる極上の読み物なのである。まちがいなく、そこには画像を通して響いてくる物語があり,詩があり、そして心象風景の底に流れるやさしい唄がある。

感性のバルブから解き放たれる自由な発想が、彼女の柔軟な写真世界で、たわわに実った果実として収穫される。そんな時間の推移が、幾層にも重なって、この絵屋の空間に現出する。試されるのは観る者としてのあなたと、作品との肌合いではなかろうか。